de nouveaux témoignages

Un article de 2011 qui laisse perplexe 

Bretagne, un maraîcher bio se pend, scène ordinaire en dictature.

Et un témoignage d’un ami sur Facebook dont je partage entièrement  l’avis

Il devient possible de comprendre que l’argument – l’intimidation morale – de protéger les vieux, les fragiles, masque le fait qu’on nous demande d’accepter sans examen ni recul ce qui est une profonde mutation anthropologique et politique : le fait de faire passer dans la hiérarchie des normes le principe de précaution avant le principe de liberté.

Or il est impossible de prouver ce qui est à craindre, car pour les causes d’inquiétudes nous raisonnons sur des propensions, des possibilités, des scénarios, lesquels par définition ne sont pas des faits. La « preuve d’une possibilité » n’est pas démontrée fausse par la constatation que la possibilité prévue n’est pas arrivée : toujours, il est possible de soutenir jusqu’à l’absurde que c’est l’application maniaque de la précaution qui a évité la réalisation du scénario dramatique prévu.

La logique d’une société fondée sur le principe de précaution ressemble à celle d’un individu atteint de phobies et de tocs : il fait de sa vie un enfer, mais ne peut jamais, par sa propre organisation, rencontrer une expérience factuelle cruciale qui lui donne tort. A quoi bon prendre tant de précautions pour préserver le développement durable de sa dystopie ?

Nous, nous pouvons commencer à comprendre que le fonctionnement social qui a pris le pouvoir : prévisions effrayantes produites par modélisation sur support numérique, le pire scénario étant le plus intéressant médiatiquement ; prévisions ensuite matraquées par le système médiatique – parce chaque média est en concurrence d’attention et de sensation avec les autres, y compris les individus sur Twitter – politiques acculés à annoncer des décisions, c’est à dire à réagir à l’orage d’informations, et communiquer sans cesse sur des “décisions fortes”, des “nouvelles décisions” comme le “nouvel I-phone”, toujours plus “fortes”, pour “mettre un coup d’arrêt “ au mal du moment – le tout en faisant sauter tous les obstacles juridiques séculaires de limitation de la puissance de l’État et de défense des libertés humaines“quoi qu’il en coûte “ à l’État – l’ancienne philosophie politique, celle des droits naturels, imprescriptibles, inaliénables et sacrés de l’homme. A cette ancienne philosophie la mécanique sociale a substitué “la précaution maximale contre le mal désigné médiatiquement à l’instant t, quoi qu’il en coûte au reste de la vie humaine “. Des entreprises et des intérêts y trouvent aussi leur compte, et soufflent dans le sens du vent. Mais la réalité est un fonctionnement social global dont la production d’information est le centre.

Ah, quoi qu’il en coûte. Quitte à priver les hommes de funérailles décentes, quitte à enterrer des corps hâtivement placés dans des sacs plastiques, quitte à empêcher physiquement les enfants de voir leurs parents, quitte à rendre les rites sociaux les plus fondamentaux fantomatiques.

Jamais dans le passé on n’aurait interdit des funérailles décentes sans scandale. Qui ne connaît Antigone ?

Nous commençons à prendre conscience que sans poser de limites, il se trouvera toujours de bonnes raisons de ne pas revenir à la liberté : non seulement dans le réel actuel – des grippes, des canicules du passé ont fait largement autant de victimes que le COVID sans entraîner alors de restrictions massives des libertés – mais plus simplement et moins naïvement dans le possible futur, indéfini et indéfiniment mobilisable pour suspendre habituellement les libertés individuelles : rappelez-vous la montée de 6 mètres du niveau des océans, la disparition des pôles pour 1996, l’urgence climatique, l’urgence à agir massivement quoi qu’il en coûte contre X ou Y qui sort du chapeau quand la pandémie recule, hein George ?

La politique sanitaire actuelle est une décision politique, pas une science. Cette politique est associée à la puissance de la production informationnelle et à l’ordre juridique qui depuis des années s’organise autour du principe de précaution. Sortir de cette voie risque d’être aussi long que l’a été sa mise en place à bas bruit, depuis au moins une vingtaine d’années. En sortir sera aussi une décision politique. Vincent C.

 

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